SDIS 79: quand le SSSM contrôle alcoolémie sur la VP- réponse au DDSIS sur la sécurité routière et les agressions de SP

alcool pompierMontreuil le 10 juin 2016

Monsieur Thierry MAROLLEAU, Président

Du Service Départemental

D’Incendie et de Secours des Deux-Sèvres

100 rue de la Gare – BP 40 019

79185 CHAURAY CEDEX

Monsieur le directeur,

Un article de la Nouvelle République, publié le 06 juin dernier précise que le vendredi 4 juin 2016, un contrôle routier d’ampleur s’est déroulé en vue de dépister l’alcoolémie à Saint-Maixent-l’Ecole.

Extrait de l’article : « Pour compléter ce dispositif exceptionnel, […], un équipage ambulant du service départemental d’incendie et de secours SDIS, dont le médecin des pompiers afin de réaliser des prises de sang sur le champ »

Si les éléments relatés par cet article sont exacts, les moyens de secours du SDIS ont été utilisés pour réaliser des missions de police de la route. Ce qui n’est pas dans les compétences des sapeurs-pompiers, pas plus que celles dévolues au S.S.S.M.*.

La CGT des SDIS de France tient à exprimer son profond désaccord sur ce type de dérives, dans l’utilisation des moyens publics de secours.

Pour le Collectif des SDIS

Sébastien Delavoux

* S.S.S.M. : Service de Secours et de Santé Médical

Copie à M. le Préfet PREVOST, Directeur Général de la Sécurité Civile.

Copie à Monsieur le Préfet des Deux Sèvres

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Article de la nouvelle république disponible ICI

Deux-Sèvres – Saint-Maixent-l’École – Sécurité routière
Un demi-millier de dépistages d’alcoolémie dans la soirée à Saint-Maixent-l’Ecole

06/06/2016 05:46
Des contrôles ont été effectués un peu partout autour de la ville, ici au carrefour Saint-Maixent/Nanteuil. – Des contrôles ont été effectués un peu partout autour de la ville, ici au carrefour Saint-Maixent/Nanteuil.Des contrôles ont été effectués un peu partout autour de la ville, ici au carrefour Saint-Maixent/Nanteuil.
Des contrôles ont été effectués un peu partout autour de la ville, ici au carrefour Saint-Maixent/Nanteuil.
Vendredi soir, une importante opération de contrôle routier a été organisée par la gendarmerie. L’expérience sera renouvelée.

Vendredi, entre 19 h et 22 h, la ville Saint-Maixent a été entièrement bouclée par la gendarmerie dans le cadre d’un contrôle routier. En préambule à cette importante opération, le capitaine Francis Kapala, commandant de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), avait réuni le dispositif brigade de Saint-Maixent, puis s’était adressé aux 33 gendarmes mobilisés : « 54 % des accidents sont causés par l’alcool et l’usage de stupéfiants. C’est beaucoup trop », a martelé l’officier. Pour compléter ce dispositif exceptionnel : un maître-chien du groupe cynophile de Rochefort, un équipage ambulant du service départemental d’incendie et de secours SDIS), dont le médecin des pompiers afin de réaliser des prises de sang sur le champ. Les huit postes de contrôle étaient installés en ville et dans des communes voisines, à des emplacements souvent imprévus. Deux navettes du PSIG raccompagnaient les contrevenants et deux patrouilles de motards étaient en soutien.

500 dépistages d’alcoolémie

« Au bout de cinq minutes, un premier contrevenant alcoolisé était conduit au poste central », indiquait hier le capitaine Kapala, satisfait du très bon bilan de cette opération, qui n’est pas passée inaperçue. Sur 497 dépistages d’alcoolémie effectués, huit se sont révélés positifs, avec des taux entre 0,26 mg/l et 0,72 mg/l (ainsi que douze tests dans les limites légales). Tous les dépistages de stupéfiants étaient négatifs. Trois défauts de permis et autant de contrôle technique ont également été constatés. Circulation à gauche, téléphone au volant, absence du « A », pneu lisses, défauts d’assurance, non-port de la ceinture sont autant d’autres infractions qui ont été repérées. « Nous allons renouveler ce type d’opération après l’été », prévient le capitaine Kapala.


Réponse DDSIS 79


Réponse de la CGT au DDSIS 79

Montreuil le 4 juillet 2016

Monsieur le directeur départemental

Des services d’Incendie et de

Secours des Deux Sèvres

Monsieur le directeur,

Nous avons bien reçu votre réponse à notre courrier sur la participation d’un membre du Service de Secours et Soins médicaux à un contrôle routier d’alcoolémie.

Effectivement nous ne partageons pas votre point de vue, les compétences et missions de ce service ne sont pas pensées en dehors des missions du S.D.I.S.

Le regard large que vous portez sur les missions légitimes auxquelles le S.S.S.M. pourrait selon vous participer est en contradiction avec la doctrine à la mode au “recentrage sur notre coeur de métier”.

La prévention au sens large que vous préconisez nous prépare-t-elle à lire dans la presse que votre S.S.S.M. participe à des distributions de prospectus de sensibilisation à la consommation d’alcool,  à des cours de sensibilisation aux stupéfiants, à  des évaluations de la vue pour les conducteurs, ou à des distributions de préservatifs?

Ainsi pouvez-vous nous confirmer que l’opération de sécurité routière effectuée, à laquelle les sapeurs-pompiers ont participé, s’inscrivait dans la prévention de l’alcoolémie au volant, et donc sans actes de répression, type verbalisations ou poursuites judiciaires?

Nous préférions que les missions dévolues stricto-sensu au S.S.S.M. soient  habitées dans toutes leurs dimensions (médecine de prévention, médecine d’aptitude, conseil et analyse ou expertise technique, etc..), mais dans l’ensemble pour les S.D.I.S. nous sommes loin du compte.

Sûrs de votre bonne intention, veuillez recevoir monsieur nos salutations respectueuses.

 

En pièces-jointes :

Extrait du dossier de presse d’opération régionale coordonnée de sécurité routière de Haute Vienne du 17 avril 2015

Article des échos du  05/01/15 Sur les agressions de sapeurs-pompiers

3°/ Intensification de lutte contre l’insécurité routière
Prévention :
Journée « reprise de guidon » le 6 avril 2015 : le lundi de Pâques, une opération « reprise de
guidon » après la trêve hivernale, annoncée sur la page Facebook du préfet et sur son compte
Twitter pour toucher le maximum de motards a connu un franc succès.
Crash-test pédagogique le 16 avril 2015 : un crash-test pédagogique (accidents en conditions
réelles) s’est déroulé à Brive devant plus de 1000 jeunes de 3° et de 2de des établissements de
l’arrondissement afin d’être sensibilisés aux dangers liés au non-port du casque ou de la ceinture
de sécurité, aux risques liés à la consommation d’alcool lors de la conduite.
Opération « Set de Table » sécurité routière le 21 avril 2015 : au cours du déjeuner, 18 000
sets de table avec quizz « sécurité routière » seront diffusés dans l’ensemble des restaurants
scolaires des collèges et lycées du département. Pour les collégiens, les quizz ciblent les
thématiques des piétons et des 2-roues, et pour les lycéens, les quizz sont orientés sur les
thématiques de la conduite accompagnée et de l’utilisation du smartphone en conduisant.

Sécurité routière lors du match de rugby Brive-Montpellier le 25 avril : dans le cadre du
partenariat entre la sécurité routière de la Corrèze et le club de rugby de Brive (CABCL), une
animation sécurité routière pour toucher les supporters présents au match sera organisée.
Sensibilisation à la lutte contre l’insécurité routière des militaires du 126ème régiment
d’infanterie de Brive le 12 mai 2015 et organisation d’un rallye-citoyen le 21 mai 2015.
Organisation d’un Rallye-Moto par la gendarmerie de la Corrèze le 30 mai 2015.
Mise en place de « villages sécurité routière » sur les aires d’autoroute de l’A20 et l’A89, à
l’occasion des week-ends de grands départs en vacances de l’été.
Interventions dans les lycées et collèges du département tout au long de l’année.
Actions de sensibilisation à l’attention des seniors.

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-146217-les-agressions-de-pompiers-sont-elles-ineluctables-1189615.php

Pourquoi s’en prend-on aux pompiers dans les quartiers sensibles ?

Vassili JOANNIDES de LAUTOUR / Professeur à Grenoble Ecole de Management | Le 05/01 à 10:51

Les récentes attaques contre des soldats du feu rappellent que les agressions de pompiers sont une spécificité française. Heureusement, il est possible d’endiguer ce phénomène.

Les soldats du feu sont fréquemment victimes d’agressions, en France, lorsqu’ils interviennent pour éteindre un incendie. Cela a encore été le cas le 24 décembre 2015, dans le quartier des Jardins de l’Empereur d’Ajaccio, classé zone urbaine sensible. Une vingtaine de personnes armées de barres de fer et de battes de baseball a attaqué une équipe de soldats du feu alors qu’elle intervenait pour éteindre un incendie volontairement allumé sur le terrain du « Citystade ». Le phénomène est à l’œuvre en France depuis une vingtaine d’années. Pourquoi s’en prend-on aux soldats du feu ?

Des pompiers pris pour des forces de l’ordre

Dans l’imaginaire collectif, les pompiers incarnent courage et dévouement, comme en témoignent leurs deux devises : « Servir et protéger » d’une part et « Sauver ou périr » d’autre part. En milieu rural et dans les petites villes, le pompier conserve cette réputation et fait l’objet d’un certain respect, sinon d’une admiration de la part de ses concitoyens.

Bien souvent, c’est un enfant du pays qui met sa vie au service des autres. En revanche, dans les espaces périurbains, quelle que soit la taille de l’agglomération (une ville comme Châteauroux est concernée également), les pompiers sont attaqués au moins autant que policiers et gendarmes, comme s’il y avait confusion entre les uns et les autres.

Là où police et gendarmerie relèvent des forces de l’ordre avec un pouvoir coercitif fort, les pompiers appartiennent à la Sécurité civile. Leur mission est avant tout de prévenir et de protéger. Pourtant, il n’est pas rare qu’on les confonde. La première raison tient sans doute à l’uniforme qu’ils portent lors de leurs interventions. Sauf s’ils doivent prendre en charge un incendie, les pompiers portent un uniforme très proche de celui de la police.

Les différences ne sont perceptibles que pour un œil initié ou attentif. La veste est presque identique : seule la couleur des galons pour les sous-officiers change. Le pantalon a un liseré rouge tandis qu’il est parfaitement uni pour la police. De la même manière, le fonctionnement des services de secours sur un mode militaire, avec des grades, est parallèle à celui historiquement utilisé par la gendarmerie et plus récemment par la police.

 Alors que l’essence même d’un uniforme est d’identifier le corps d’appartenance de celui qui le porte, les pompiers se trouvent bien malgré eux assimilés aux forces de l’ordre en conflit avec lesquelles sont un certain nombre d’habitants de ces cités. Sans distinction, dès lors qu’ils portent l’uniforme, ils deviennent des cibles pour toute sorte d’agression.

Des cibles faciles

Dans les endroits où ils font l’objet d’agression, les sapeurs-pompiers portent bien leur nom en ceci que leur mission consiste à mettre un terme à un incendie ou aux souffrances de possibles victimes. Dans le cas d’incendies criminels ou d’altercations, les pompiers sapent le produit d’un acte intentionnel.

Agresser un pompier devient alors une mesure de représailles à l’encontre de qui vient saper le déroulement d’un acte criminel. Contrairement à la police ou à la gendarmerie, les pompiers représentent des cibles fixes qui ne répondront pas aux attaques. Sur le site d’un incendie, ils seront rivés à leur véhicule ou avanceront vers le feu en ligne droite.

Sur le théâtre d’un accident, ils seront en position stationnaire pour porter secours aux victimes. Ne se déplaçant que de quelques mètres dans le meilleur des cas, les pompiers apparaissent comme des pipes que l’on peut tirer à la Fête foraine. Qui parviendra à toucher l’un d’eux avec une pierre pourra être digne de confiance au sein de la bande.

Une autre facilité réside dans le fait que les pompiers ne peuvent pas répondre aux agressions dont ils sont l’objet, et ce, pour trois raisons. La première est que leur mission est de sauver la vie des victimes. C’est l’unique raison de leur présence sur un site. Quand bien même sauraient-ils répondre, ils ne le pourraient pas. La deuxième raison est que les pompiers, sauf à Paris et Marseille, n’ont aucune formation militaire ou policière. Ils ne savent pas se défendre.

Là où un gendarme ou un pompier de Paris est formé au maniement des armes et peut se défendre, un pompier volontaire n’a pas ce réflexe. Enfin, la troisième raison est qu’un pompier, à la différence d’un gendarme ou d’un policier, n’est pas armé. Il ne peut techniquement pas répondre à une agression. Cela finit par se savoir dans les endroits où ils sont mal reçus. On peut agresser impunément qui porte un uniforme sans risquer la moindre réaction de sa part.

Comment stopper les agressions

La France étant l’un des rares pays au monde où les pompiers font l’objet d’agressions, il apparaît que ce phénomène, loin d’être inéluctable, peut être enrayé. Il existe plusieurs solutions simples à mettre en évidence. La première devrait consister en un retour à la signification de l’uniforme : un élément d’identification du corps. Pour cela, il conviendrait d’habiller les sapeurs-pompiers d’un uniforme qui leur est spécifique et évoque clairement leur mission.

Plutôt que de retenir le même noir ou bleu marine de la police et la gendarmerie, il conviendrait d’en revenir aux rouge et noir réglementaires. On peut imaginer un pantalon rouge et une veste noire. Ainsi, ils ne pourraient plus être confondus avec les forces de l’ordre.

La deuxième solution consiste à refonder le mécanisme même des interventions des sapeurs-pompiers en établissant systématiquement autour d’eux un cordon de sécurité et en évacuant un périmètre beaucoup plus large. Pour cela, il conviendrait de coordonner en amont le déploiement des forces de l’ordre. On peut procéder de deux manières.

Pour cela, l’appel d’un numéro d’urgence devrait être relayé par le Service Département d’Incendie et de Secours au poste de police ou de gendarmerie le plus proche afin que toutes les forces d’intervention puissent arriver au même moment. Toutes placées sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur et donc du Préfet, ces forces d’intervention, habituées à œuvrer ensemble, peuvent aisément être coordonnées.

Enfin, une troisième solution tient à l’historique même du corps des sapeurs-pompiers : un corps d’armée au même titre que la gendarmerie. Aujourd’hui, seuls les marins-pompiers ou les pompiers de Paris ou Marseille ont un statut et une formation militaires.

Ailleurs, qu’ils soient professionnels ou volontaires, ils sont civils. On peut ainsi envisager un rétablissement du statut militaire et un contingent de pompiers en relevant afin de sécuriser les sites d’intervention et de protéger les sapeurs de possibles agressions extérieures.

Par Vassili Joannidès de Lautour, professeur à Grenoble Ecole de Management

Télécharger la réponse de la CGT et les articles de presse ICI

    1 commentaire

  1. superbe courrier et tout à fait d’accord avec vous. Malheureusement si il n’y avait que cela comme dérive!!!

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